From the Alleyways to Memory

De la ruelle à la mémoire

Christine Kama

Il y a des identités qu’on doit apprendre à porter soi-même

Dans cet épisode de KAMA, Aly Ndiaye, aussi connu sous le nom de Webster, parle de mémoire, d’appartenance, de hip-hop et de ce que signifie grandir entre plusieurs mondes.

Mais la conversation commence quelque part de beaucoup plus simple.

Dans les ruelles de Québec.

Avec les bancs de neige.
Les raccourcis.
Les enfants qui jouent dehors pendant des heures.

Une enfance ordinaire.

Et pourtant…

La première différence

Parfois, la première prise de conscience de la différence arrive discrètement.

À l’école.
Dans un jeu.
Dans le rôle qu’on nous donne sans qu’on l’ait choisi.

Aly raconte qu’enfant, lorsqu’ils jouaient à Star Wars :

Le blond était Luke Skywalker.
Le brun était Han Solo.

Et lui devait toujours être Dark Vador.

Parce qu’il était noir.

Un petit moment.

Mais aussi le début de quelque chose de plus grand :

La réalisation que les autres nous voient déjà à travers un regard que nous n’avons pas choisi.

Le premier miroir

Plus tard, le hip-hop devient une autre forme de découverte.

Pas seulement de la musique.

Une reconnaissance.

Pour la première fois, il voit des gens qui lui ressemblent représentés autrement : créatifs, articulés, confiants, visibles.

Et peut-être que c’est ce que l’art fait parfois en premier.

Pas nous inspirer.

Mais nous révéler à nous-mêmes.

Une histoire qu’on ne lui avait jamais racontée

En parallèle, une autre question commence à émerger.

Pourquoi connaissait-il autant l’histoire afro-américaine…
mais presque rien de l’histoire noire au Québec ?

Alors il cherche.

Et peu à peu, il découvre quelque chose de plus grand que lui :

Une présence noire au Québec qui existe depuis des siècles,
mais qui demeure absente de nombreuses conversations.

Ce qui suit n’est plus seulement une recherche.

Cela devient une transmission.

Pas à moitié

L’un des moments les plus marquants de la conversation arrive lorsqu’Aly parle d’identité et de métissage.

Du fait qu’ici, on lui dise parfois de “retourner dans son pays”… alors qu’ailleurs, on peut aussi le percevoir comme un étranger.

Et de la manière dont il a dû, avec le temps, intellectualiser ce qu’il était afin d’être en paix avec lui-même.

Pas moitié noir et moitié québécois.
Pas moitié sénégalais et moitié autre chose.

Mais pleinement tout cela à la fois.

Pleinement noir.
Pleinement québécois.
Pleinement sénégalais.

Sans demander la permission.

Une personne à la fois

Ce qui m’est resté le plus de cette conversation, c’est son rapport à la transmission.

Il n’y a rien de spectaculaire dans sa manière d’en parler.

Seulement une constance.

Le désir de transmettre quelque chose.
D’offrir aux plus jeunes un accès à ce que lui-même n’a pas reçu.

Et peut-être que cet épisode devient finalement cela :

Une conversation sur la mémoire,
mais aussi sur la réappropriation.

Sur le fait que comprendre d’où l’on vient peut parfois nous aider à habiter plus pleinement qui l’on est.

Et toi…

As-tu déjà eu à reconstruire consciemment certaines parties de ton identité afin d’être en paix avec toi-même ?

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